dimanche 26 novembre 2023

Après le pogrom du 7 octobre


« Stupeur et effroi devant l’extrême barbarie des razzias moyenâgeuses et sanguinaires perpétrées par le Hamas ce 7 octobre [… suite : l’article en entier ICI] ».

Des « crimes orchestrés de façon planifiée et systématique, avec pour dessein d’éliminer froidement, délibérément, 48 heures durant, des populations civiles dont le seul "tort" – aux yeux de leur bourreaux – est d’être juives ».

« Le leader du FDLP (Front Démocratique pour la Libération de la Palestine), Nayef Hawatmeh, dressait – [en 2014], déjà – un état des lieux glaçant de ce qu’il appela "l’occupation de Gaza par le Hamas" : un "terrifiant dictat politique et religieux, qui étouffe les populations gazaouies et écrase toute organisation politique, syndicale, sociale ou caritative non inféodée au Hamas" ; une monstrueuse corruption systémique née de "la mainmise totale des membres du Mouvement islamiste sur l’administration, la police, l’enseignement, le commerce" ; et une économie mafieuse basée sur "le business des tunnels [contrebande] plutôt que sur la production et le développement", qui "paupérise les habitants de Gaza tout autant qu’elle enrichit les dignitaires du Hamas".
Raisons pour lesquelles, Nayef Hawatmeh, faucon parmi les faucons historiques du conflit israélo-palestinien, qui forma – avec Yasser Arafat et Georges Habache – le trio fondateur de l’OLP, donc difficilement soupçonnable de complaisance envers Israël, en a conclu que, pour les populations palestiniennes de Gaza, "l’occupation du Hamas est pire que l’occupation israélienne" qui l’a précédée ! »
(Citations de Nayef Hawatmeh, interviewé par Atmane Tazaghart)





--- > Méthode

Cf. http://testimoniesarchive.com/

mardi 14 novembre 2023

Éléments pour comprendre le 7 octobre…


Page 277 :

« Et le Prophète ordonna de tuer tous les hommes des Banu Quraydha [tribu juive], et même les jeunes, à partir de l'âge où ils avaient les poils de la puberté.

Les Banû Quraydha sont égorgés (Sîra, II, 240-241)

Le Prophète ordonna de faire descendre de leurs fortins les Banû Quraydha et de les enfermer dans la maison de Bint al-Hârith. Il alla ensuite sur la place du marché de Médine, la même que celle d'aujourd'hui (du temps d'Ibn Hichâm), et y fit creuser des fossés. Puis il fit venir les Banû Quraydha par petits groupes et leur coupa la gorge sur le bord des fossés. Parmi eux, il y avait Huyayy ibn Akhtab, l'ennemi de Dieu, et Ka'b ibn Asad, le chef des Quraydha. Ils étaient six cents à sept cents hommes. On dit huit cents et même neuf cents. Pendant qu'ils étaient amenés sur la place par petits groupes, certains juifs demandèrent à Ka'b, le chef de leur clan :
- Que va-t-on donc faire de nous?
- Est-ce-que cette fois vous n'allez pas finir par comprendre? Ne voyez-vous pas que le crieur qui fait l'appel ne bronche pas et que ceux qui sont partis ne reviennent pas? C'est évidemment la tête tranchée!
Le Prophète ne cessa de les égorger jusqu'à leur extermination totale. […] »

Cf. aussi l'histoire des Banû Nadir et de Çafiyya.

*

Il est urgent de combattre intellectuellement l’islamisme et pour cela d'essayer de comprendre ses bases théologiques (fondées dans des traditions — tardives : la Sira date des VIIIe-IXe s., écrite en parallèle et en accord avec les recueils de hadith). S'y trouvent des traditions guerrières, antisémites et misogynes (à même de fonder toutes les exactions), à dénoncer au nom d'enracinements de foi plus profonds, ouverts et fraternels.

Les historiens datent en général la Sirâ de Ibn Hichâm de l'époque abbasside, de l'année 820 env. Elle est supposée basée sur la Sirâ de Ibn Ishaq, aujourd'hui disparue. Rien ne permet d'admettre la fidélité de Ibn Hichâm à Ibn Ishaq. Mais il ne fait pas de doute que c'est un texte de commande califale — visant à justifier les pratiques guerrières, policières, polygamiques, de tel ou tel calife.


mercredi 1 novembre 2023

"Sous sa vigne et sous son figuier"


« Ils habiteront chacun sous sa vigne et sous son figuier, Et il n'y aura personne pour les troubler ; Car la bouche de l'Eternel des armées a parlé. » (Michée 4, 4)



« L'antisionisme est l'antisémitisme justifié, mis enfin à la portée de tous. Il est la permission d'être démocratiquement antisémite. Et si les Juifs étaient eux-mêmes des nazis ? Ce serait merveilleux. Il ne serait plus nécessaire de les plaindre ; ils auraient mérité leur sort. » (Vladimir Jankélévitch, L'Imprescriptible)

samedi 28 octobre 2023

"Comme le papillon"


« Quand Dieu prend un cœur, Il le vide de ce qui n’est pas Lui ; quand Il aime un serviteur, Il incite les autres à le persécuter, pour que ce serviteur vienne se serrer contre Lui seul ». (Akhbâr al-Hallâj. 36. Cité par Louis Massignon, “Étude sur une courbe personnelle de vie : le cas Hallâj, martyr mystique de l’islam”, in Écrits mémorables, I, coll. Bouquins, Robert Laffont, 2009, p. 389).

« Hallâj, qui se substitue [en pensée à Muhammad qui s'est arrêté au seuil de l'incendie divin sans oser "devenir" le Buisson Ardent de Moïse], l'exhorte à avancer, à pénétrer dans le feu du vouloir divin jusqu'à en mourir, comme le papillon mystique, et à se "consommer en son Objet" » (Massignon, ibid., p. 394).

jeudi 26 octobre 2023

Eumdem salvatorem crucifixisse se speravit


Louis Massignon rapporte ce témoignage :
« Un homme était allé se poster devant al-Hallâj, qui était sur le gibet et avait crié : “Louange à Dieu ! Qui t’a fait exposer là — en exemple aux hommes et aux anges, — en avertissement pour ceux qui regardent !” — Mais voici qu’il sentit par-derrière lui al-Hallâj lui-même, dont la main s'était posée sur son omoplate, — et qui lui récitait (le verset du Qorân sur Jésus) : […]
“Non ils ne l’ont pas tué, ils ne l’ont pas crucifié, mais il leur a paru qu’il en avait été ainsi… et ils ne l’ont pas tué véritablement ; mais Dieu l’a enlevé à Lui, car Dieu est puissant et juste…” […]
Et c’est là le sens de ce qu’une ancienne légende dit d’al-Hallâj en croix : “Il tourna sa face vers la foule et déclara : “celui qui est visible (ici) a sa profession de foi rejetée : celui qui est (ici) invisible a sa profession de foi agréée (par Dieu) !” [Le mot des anciens : ceci est la moitié d'un homme (…) ]. »
(Louis Massignon, “Al-Hallâj le phantasme crucifié des Docètes et Satan selon les Yezidis”, Revue de l'histoire des religions, 1911, in Écrits mémorables, I, coll. Bouquins, Robert Laffont, 2009, p. 505-506)

Massignon réfère aussi à Manès :
« Inimicus quippe, qui eumdem salvatorem judicum patrem crucifixisse se speravit, - ipse est crucifixus , quo tempora aliud ostensum actum est, atque aliud ostensum. » [Trad. : Pour l'ennemi, qui espérait avoir crucifié le même sauveur, le père des juges, — il fut lui-même crucifié, et à cette époque l'acte montré fut accompli, et un autre fut montré.] (Manès, Epistola fundamenti, extrait ap. S. Augustini, De fide contra Manichaeos, XXVIII, PL t. XLIII, 1147 […], in Louis Massignon, ibid., p. 507.)

La proximité d’avec Dieu, terrible en ce monde, est en cela-même signe d’élection, de vie indestructible auprès de Dieu. Témoin à travers les temps, Israël : Christian Jambet : “Le peuple juif, Israël, dépositaire incontestable de l’élection” (in Massignon, ibid. p. viii).

mardi 24 octobre 2023

Origines XXe s.


« Non, Massignon n'a point milité contre Israël, mais contre la partition de la Terre sainte […]. Israël et Ismaël, les chrétiens, les juifs, les musulmans sont aussi responsables les uns que les autres d'une partition voulue par les grandes puissances, embarrassées des juifs qu'elles ont abandonnés à leurs bourreaux, et rejetant sur les Arabes de Palestine le legs de leurs politiques criminelles. » (Christian Jambet, Préface à : Louis Massignon, Écrits mémorables, I, coll. Bouquins, Robert Laffont, 2009, p. xiv)

… Regard lucide, repris encore en 2009, ancré en un temps hélas révolu, quand à la cause palestinienne qui en est née se substitue un antisémitisme assumé, n'ayant plus rien à voir avec la cause palestienienne, et désormais dévoilé, au détour d'un immense pogrom, aux yeux de qui ne refuse pas de voir…