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jeudi 4 juin 2026

Marjane Satrapi



Marjane Satrapi, l'autrice franco-iranienne de (entre autres) Persepolis, est décédée à l’âge de 56 ans. Elle est « morte de tristesse un peu plus d’un an après le décès de Mattias Ripa, son mari et l’amour de sa vie », indique un communiqué de ses proches transmis ce jeudi.

Proposée pour la Légion d'honneur le 3 juillet 2024, elle avait refusé la décoration début 2025 pour s'opposer à ce qu’elle percevait comme une « attitude hypocrite de la France vis-à-vis de l’Iran », notamment en ce qui concerne l'attribution de visas à des enfants d’ « oligarques iraniens » plutôt qu'aux « jeunes Iraniens épris de liberté, dissidents, et artistes ».

lundi 2 mars 2026

Qu’elles ne dansent enfin plus seules !…

Une Iranienne, en deuil, porte du noir et pleure. (Original en anglais ci-dessous)
(De Darya Safai)

Mais ô monde, notre tradition envers ceux qui ont sacrifié leur vie sur le chemin de la liberté a changé. Écoutez ceci :

Nous ne pleurons plus — nous dansons.
Nous dansons avec douleur et soupirs.
Nous dansons avec colère.
Nous dansons sur des chansons épiques.
C’est ainsi que nous manifestons notre pouvoir.

Les Iraniens ne font plus résonner le Coran sur les tombes de leurs morts.
Ce son horrible appartient au meurtrier de nos enfants.
Au lieu de cela, ils jouent de la belle musique — une musique interdite en Islam.

En enterrant près de cent mille Iraniens, c’est l’islam lui-même qui fut enterré à jamais.

Ô mollah, crains la mère qui danse sur la tombe de son enfant sans vie, serrant contre elle le corps froid de son fils.

Craignez une nation déterminée à prendre son destin en main.

Et nous sommes innombrables.
Les dernières heures des mollahs sont arrivées.

*

Original en anglais :

An Iranian, in mourning, wears black and weeps. (De Darya Safai)

But O world, our tradition for those who have sacrificed their lives on the path of freedom has changed. Hear this:

We no longer cry — we dance.
We dance with pain and sighs.
We dance with anger.
We dance to epic songs.
This is how we manifest our power.

Iranians no longer place the deadly sound of the Quran over the graves of our slain.
This ugly sound belongs to the murderer of our children.
Instead, they play beautiful music — music that is forbidden in Islam.

By burying nearly one hundred thousand Iranians, Islam itself was buried forever.

O mullah, fear the mother who dances at the grave of her lifeless child, holding the cold frame of her son.

Fear a nation that is determined to take its destiny into its own hands.

And we are countless.
The last hours of the mullahs have arrived.



Un seul mot à changer : "hey Mr Pinochet", par "Hey Mr Khamenei"

mercredi 4 février 2026

Iran, l’abandon d’un peuple


Manifestation à Téhéran le 8 janvier 2026. La répression menée par le régime iranien a été sanglante, faisant des milliers de morts en quelques jours seulement. | GETTY IMAGES VIA AFP


Lu sur Ouest-France — article de Dominique Moïsi, 04/02/2026 :

Après le mensonge, la trahison est-elle devenue la marque de fabrique de Donald Trump ? Après le peuple ukrainien, le peuple iranien ? L’Histoire retiendra l’encouragement donné par le président américain aux Iraniens : « L’aide est en chemin. » Elle retiendra plus encore le fait que cette aide n’est jamais venue.

[…] Dans la longue histoire du régime des Mollahs (quarante-sept ans) jamais répression n’a été plus sanglante. Le pouvoir en place, très affaibli, a craint pour sa survie. Il lui fallait terroriser le peuple avant qu’un facteur externe (l’intervention américaine ?) ne fasse pencher la balance en sa défaveur.

Le peuple iranien ne s’est pas seulement senti trahi par l’Amérique, il s’est aussi senti abandonné par l’opinion publique internationale. Au point qu’une plaisanterie provocatrice a circulé sur les réseaux sociaux : « Plus de 90 millions d’Iraniens ont demandé la citoyenneté palestinienne, pour que l’on s’intéresse enfin à leur sort. » Où étaient les foules qui défilaient hier en soutien de la population de Gaza ? Et pourquoi ces émotions sélectives ? […]

Le coût de l’indifférence
[…] La crainte du chaos qui succéderait à la chute éventuelle du régime des Mollahs est certes réelle. Mais on peut aussi considérer qu’elle cache la peur, que l’éventuelle réussite « d’un Printemps Perse » ne donne des idées à tous ceux – et ils sont nombreux – qui rêvent d’un Printemps arabe ou d’un Printemps turc.

Des négociations devraient s’ouvrir en Turquie [ou Oman] à la fin de la semaine, entre l’envoyé spécial du président Trump, Steve Witkoff, et le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi. Mais le sujet des discussions ne sera pas l’ouverture du régime, c’est hors sujet, après les massacres dont le régime s’est rendu coupable. On parlera […] de la capacité de nuisance à l’international de l’Iran. Et pas de son droit à « massacrer impunément son peuple ».

D’Ankara à Ryad, en passant par Le Caire, on se soucie avant tout d’ordre. Quant à Donald Trump, il est à la recherche de succès médiatiques faciles. Et pas d’interventions risquées. […]

… Texte entier et source ICI

jeudi 29 janvier 2026

“La première victime de la République islamique d’Iran, c’est l’islam” (Mahnaz Shirali)


La mosquée Al-Rasoul de Téhéran incendiée


« Quand, pendant près d’un demi siècle, un régime tue au nom de l’islam — quand il exécute des jeunes, organise des pendaisons à l’aube, au moment de la prière du matin, en scandant “Allah Akbar” —, cela produit inévitablement une aversion profonde envers la religion elle-même. Je le dis souvent : la première victime de la République islamique d’Iran, c’est l’islam. Aujourd’hui, une grande partie de la jeunesse iranienne avec laquelle je suis en contact rejette violemment la religion. Elle ne fait plus de distinction entre la religion d’État et ce que pourrait être un islam dissocié du pouvoir. Lorsque l’on tente d’évoquer l’existence d’un “autre islam”, la réaction est souvent immédiate, empreinte de colère : ils ne veulent plus entendre parler de religion. Leur aspiration est claire : ils veulent une société libre, laïque et démocratique, totalement affranchie de toute emprise religieuse. Ces derniers jours, lors des manifestations, des mosquées ont été incendiées. On ignore qui sont les auteurs de ces actes. Je ne peux pas dire qui les a commis. Mais je peux témoigner d’une chose : pour beaucoup de jeunes, ces images ont suscité une réaction presque jubilatoire. »
(Mahnaz Shirali, sociologue et politologue iranienne, propos recueillis par Alice Papin, Réforme n° 4121, 22 janvier 2026, p. 5)

La formule de Mahnaz Shirali signifie un constat, celui qu’elle fait : les mollahs et leurs sbires sont parvenus à porter un coup fatal à l’islam en commettant un nombre incalculable d’horreurs. En premier lieu contre les femmes, premières victimes, dès 1979 et leur révolution islamique, puis contre toute opposition, et à présent, à huis clos, perpétrant le massacre inimaginable de dizaines de milliers de victimes !

Trois dates symboliques de l’effondrement de l’islam politique (dévoilant son visage à la face du monde) : 11-septembre 2001, 7-octobre 2023, 8‑janvier 2026.

lundi 23 octobre 2023

Fanatismes assassins


Ils sévissent contre leur peuple partout où ils sont au pouvoir, quelle que soit leur secte. Actuellement, Afghanistan, Iran, Gaza. Aucune difficulté pour eux dans le génocide des Ouighours ou dans les massacres de musulmans dans le Sahel. Un seul problème, obsessionnel, celui qui heurte leur antisémitisme et leur vaut l'approbation des obsessionnels d'Occident et les actes aveugles des fanatisés (qui ne sont pas à l'abri où leurs chefs se cachent). Ce problème, leur obsession : Israël, les juifs.

Cioran, qui s'y connait en matière de fanatisme pour y avoir succombé lui-même dans sa jeunesse grevée d'adhésions fascistes qu'il hait par la suite, écrit :
“Il me suffit d'entendre quelqu'un […] dire 'nous' avec une inflexion d'assurance, d'invoquer les 'autres', et s'en estimer l'interprète, — pour que je le considère mon ennemi. J'y vois un tyran manqué, un bourreau approximatif […].
Le fanatique, lui, est incorruptible : si pour une idée il tue, il peut tout aussi bien se faire tuer pour elle ; dans les deux cas, tyran ou martyr, c'est un monstre. Point d'êtres plus dangereux que ceux qui ont souffert pour une croyance : les grands persécuteurs se recrutent parmi les martyrs auxquels on n'a pas coupé la tête. Loin de diminuer l'appétit de puissance, la souffrance l'exaspère […]. Excédé du sublime et du carnage, il rêve d'un ennui de province à l'échelle de l'univers, d'une Histoire dont la stagnation serait telle que le doute s'y dessinerait comme un événement et l'espoir comme une calamité…”

(Emil Cioran, “Généalogie du fanatisme”, Précis de décomposition, Œuvres, p. 583)

Si on avait opposé autant de "oui, mais" aux exactions des nazis qu'a côtoyés Cioran qu'aux assassins d'aujourd'hui, la Shoah aurait peut-être été menée à son terme, le révisionnisme l'aurait emporté et Hitler serait peut-être resté au pouvoir !

28 octobre 2023, Armita Garavand, 16 ans (image ci-dessus), est décédée.

dimanche 17 septembre 2023

Femme vie liberté

Image ICI

jeudi 6 octobre 2022

Iran