dimanche 24 novembre 2019
jeudi 7 novembre 2019
Éthique & responsabilité

(En vue du synode régional - sujet : « Écologie, quelle(s) conversion(s) ? »)
Quelle responsabilité nous incombe en notre temps, quand les conséquences du pouvoir que nous donne notre technique nous échappent ? Quelle prise de conscience pour repenser ce pouvoir de façon responsable – quelle conscience de la menace, quelle peur (ou crainte) de la menace, non pour en être paralysés, mais pour fonder l’éthique d’une action responsable ?
« Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) […] qu'est-ce qui peut servir de boussole ? L'anticipation de la menace elle-même ! C'est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l'aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les principes éthiques, desquels peuvent se laisser déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. Cela, je l'appelle “heuristique de la peur”. […]
« Sans doute [le concept de responsabilité n'est] pas un phénomène nouveau dans la moralité. La responsabilité n'a pourtant jamais eu un tel objet, de même qu'elle a peu occupé la théorie éthique jusqu'ici. Le savoir, aussi bien que le pouvoir étaient trop limités pour incorporer l'avenir plus lointain dans la prévision, bien plus, pour inclure la planète entière dans la conscience de la causalité personnelle. Plutôt que de deviner vainement les conséquences tardives, relevant d'un destin inconnu, l'éthique se concentrait sur la qualité morale de l'acte momentané lui-même, dans lequel on doit respecter le droit du prochain qui partage notre vie. Sous le signe de la technologie par contre, l'éthique a affaire à des actes (quoique ce ne soient plus ceux d'un sujet individuel), qui ont une portée causale incomparable en direction de l'avenir et qui s'accompagnent d'un savoir prévisionnel qui, peu importe son caractère incomplet, déborde lui aussi tout ce qu'on a connu autrefois. Il faut y ajouter le simple ordre de grandeur des actions à long terme et très souvent également leur irréversibilité. Tout cela place la responsabilité au centre de l'éthique, y compris les horizons d'espace et de temps qui correspondent à ceux des actions. » (Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979, trad. fr. 1990, 1995, Préface [7-9], Champs/Essais, p. 16-17)
Écologie et responsabilité – l’Apocalypse renouvelle la promesse d’Ésaïe (65, 17 ; Ap 21, 1) annonçant de nouveaux cieux et une nouvelle terre où habite enfin la justice (2 P 3, 13 *). Une promesse qui nous enjoint aujourd’hui au combat spirituel, ancré dans cette espérance : « que ton règne vienne », posant notre responsabilité et récusant ipso facto les théories climato-sceptiques – quand bien même on avancerait l’idée de cycles cosmiques du chaud et du froid pour refuser toute responsabilité humaine… Un tel refus est non seulement extrêmement risqué, mais en outre relève de la soumission à Mamon (l’argent comme idole) – en tant que préférant au témoignage de la foi les bénéfices consuméristes, qui consument en premier lieu la terre pour un profit toujours plus destructeur.
Quelle responsabilité nous incombe en notre temps, quand les conséquences du pouvoir que nous donne notre technique nous échappent ? Quelle prise de conscience pour repenser ce pouvoir de façon responsable – quelle conscience de la menace, quelle peur (ou crainte) de la menace, non pour en être paralysés, mais pour fonder l’éthique d’une action responsable ?
« Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) […] qu'est-ce qui peut servir de boussole ? L'anticipation de la menace elle-même ! C'est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l'aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les principes éthiques, desquels peuvent se laisser déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. Cela, je l'appelle “heuristique de la peur”. […]
« Sans doute [le concept de responsabilité n'est] pas un phénomène nouveau dans la moralité. La responsabilité n'a pourtant jamais eu un tel objet, de même qu'elle a peu occupé la théorie éthique jusqu'ici. Le savoir, aussi bien que le pouvoir étaient trop limités pour incorporer l'avenir plus lointain dans la prévision, bien plus, pour inclure la planète entière dans la conscience de la causalité personnelle. Plutôt que de deviner vainement les conséquences tardives, relevant d'un destin inconnu, l'éthique se concentrait sur la qualité morale de l'acte momentané lui-même, dans lequel on doit respecter le droit du prochain qui partage notre vie. Sous le signe de la technologie par contre, l'éthique a affaire à des actes (quoique ce ne soient plus ceux d'un sujet individuel), qui ont une portée causale incomparable en direction de l'avenir et qui s'accompagnent d'un savoir prévisionnel qui, peu importe son caractère incomplet, déborde lui aussi tout ce qu'on a connu autrefois. Il faut y ajouter le simple ordre de grandeur des actions à long terme et très souvent également leur irréversibilité. Tout cela place la responsabilité au centre de l'éthique, y compris les horizons d'espace et de temps qui correspondent à ceux des actions. » (Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979, trad. fr. 1990, 1995, Préface [7-9], Champs/Essais, p. 16-17)
Écologie et responsabilité – l’Apocalypse renouvelle la promesse d’Ésaïe (65, 17 ; Ap 21, 1) annonçant de nouveaux cieux et une nouvelle terre où habite enfin la justice (2 P 3, 13 *). Une promesse qui nous enjoint aujourd’hui au combat spirituel, ancré dans cette espérance : « que ton règne vienne », posant notre responsabilité et récusant ipso facto les théories climato-sceptiques – quand bien même on avancerait l’idée de cycles cosmiques du chaud et du froid pour refuser toute responsabilité humaine… Un tel refus est non seulement extrêmement risqué, mais en outre relève de la soumission à Mamon (l’argent comme idole) – en tant que préférant au témoignage de la foi les bénéfices consuméristes, qui consument en premier lieu la terre pour un profit toujours plus destructeur.
RP, Billets PO septembre à novembre 2019, n° 437-439
*
* Menace et espérance selon 2 Pierre 3, 3-13 :
3 […] dans les derniers jours viendront des sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles
4 qui diront : « Où en est la promesse de son avènement ? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure dans le même état qu’au début de la création. »
5 En prétendant cela, ils oublient qu’il existait, il y a très longtemps, des cieux et une terre tirant origine de l’eau et gardant cohésion par l’eau, grâce à la Parole de Dieu.
6 Par les mêmes causes, le monde d’alors périt submergé par l’eau.
7 Quant aux cieux et à la terre actuels, la même Parole les tient en réserve pour le feu, les garde pour le jour […]
12 […] où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront !
13 Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite. [cf. Ésaie 65, 17-25]
8 […] il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.
9 Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.
10 Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.
11 Puisque donc toutes ces choses doivent se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre piété.
3 […] dans les derniers jours viendront des sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles
4 qui diront : « Où en est la promesse de son avènement ? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure dans le même état qu’au début de la création. »
5 En prétendant cela, ils oublient qu’il existait, il y a très longtemps, des cieux et une terre tirant origine de l’eau et gardant cohésion par l’eau, grâce à la Parole de Dieu.
6 Par les mêmes causes, le monde d’alors périt submergé par l’eau.
7 Quant aux cieux et à la terre actuels, la même Parole les tient en réserve pour le feu, les garde pour le jour […]
12 […] où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront !
13 Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite. [cf. Ésaie 65, 17-25]
8 […] il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.
9 Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.
10 Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.
11 Puisque donc toutes ces choses doivent se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre piété.
vendredi 25 octobre 2019
Et ici et ailleurs...
"[…] l'être dissous en mouvement, la civilisation, dans un élan suprême vers le pire, s'effritera dans le tourbillon qu'elle aura suscité." — Emil Cioran, La chute dans le temps, Œuvres, p. 1094
lundi 21 octobre 2019
dimanche 20 octobre 2019
En Algérie
Paris, le 18 octobre 2019
Communiqué
Situation préoccupante des chrétiens en Algérie
La Fédération protestante de France (FPF) veut exprimer sa vive préoccupation devant la situation qui est faite aux chrétiens en Algérie.
De nombreux témoignages dont une lettre rendue publique du président de l’Eglise protestante d’Algérie rapportent que des églises sont fermées par les autorités et que des membres responsables et pasteurs sont inquiétés voire arrêtés.
La liberté de culte est un bien trop précieux pour que quiconque ne se sente pas concerné lorsqu’elle est mise à mal, où que ce soit dans le monde.
Aujourd’hui c’est le christianisme en Algérie qui est malmené.
La FPF s’inquiète de cette situation et souhaite qu’il y soit mis fin au nom de la démocratie et des droits de l’homme. Elle réaffirme la solidité des liens anciens, fraternels et solidaires qui unissent ses Eglises en France à celles d’Algérie. Elle veut par ce message pressant alerter les autorités françaises et algériennes dans l’attente de nouvelles rassurantes.
Contact Presse
Aude Millet-Lopez, responsable de la communication
Tel. 01 44 53 47 13 / 06 73 39 55 98
Mail. aude.millet-lopez@federationprotestante.org
Fichier PDF: Communique_FPF_chretiens_en_Algerie_01.pdfmercredi 16 octobre 2019
L'épopée cathare

Un hors-série Le Monde-Histoire et Civilisations, rédigé par Michel Roquebert.
242 pages ; 14,50€. En vente chez votre marchand de journaux.
Jean-Marc Bastière, rédacteur en chef, présente en ces termes cette publication : « Une fascination qui dure : Des images d’abord qui marquent les esprits. Les parfaits. Une vie d'austérité et d'abstinence. Des croyances et des pratiques étranges. L'accusation d'hérésie. La venue pacifique de Dominique. La croisade des barons du Nord contre les "Albigeois". "Tuez-les tous !". Une mort atroce sur les bûchers. La mainmise royale sur un pays. Une mémoire tourmentée entre Albi et Béziers. Aujourd'hui, comme témoins muets, des châteaux en ruines perchés dans un paysage grandiose et aride. Mais aussi de nombreuses questions qui subsistent. Michel Roquebert, spécialiste reconnu de l'histoire du catharisme, fait la part rigoureuse du vrai et de la légende. Avec un style fluide et limpide, il nous entraîne dans les méandres de ce monde mystérieux et répond à ces questions taraudantes : qui étaient-ils ? Que sait-on d'eux ? »
Trois parties et onze chapitres rythment la publication :
I – Les origines
- Les sources
- La société cathare et son Église
- La Croisade introuvable
II – La Croisade
- 1209-1211 : Conquêtes et déconvenues
- 1211-1213 : La menace d'un empire pyrénéen
`- 1213-1218 : La déchéance de Raymond VI
- 1218-1229 : La Croisade royale
III – L’Inquisition
- Débuts de la répression
- La fin de Montségur
- Procès en série
- La fin du rêve cathare
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