jeudi 16 juillet 2026

Péché originel et Histoire

« Je fais peu de cas de quiconque se passe du Péché originel. J'y ai recours, quant à moi, dans toutes les circonstances, et, sans lui, je ne vois pas comment j'éviterais une consternation ininterrompue. »
(Emil Cioran, Aveux et anathèmes, Œuvres, Quarto‭ p.‭ 1646-1647)


Sculpture : Hugo Lederer, Clio


« Abominable Clio ! »
(Emil Cioran, Écartèlement, Œuvres, Quarto p. 1485)


Le diable à Jésus (Luc 4, 6) : « cette puissance, et la gloire de ces royaumes […] m’a été donnée, et je la donne à qui je veux. »


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— Une ligne qui va de Paul (Romains 2-7) à Luther et Calvin et au-delà en passant par Augustin pour ne citer que les plus connus.
— Une notion – le péché originel – qui permet de relier le fait que nous percevons qu’il y a quelque chose d’essentiellement bon, dans les signes de beauté, de bonté, de bonheur, qui nous sont perceptibles, des signes du Royaume pour Calvin (Institution de la Religion Chrétienne, III, x) – à cet autre constat : nous sommes plongés dans un monde de douleur, de violence, nous en sommes partie prenante jusqu’au cœur de nos êtres. Le mal. Un décalage, non pas tant chronologique que logique peut-être, mais qui s’illustre et se dit via un récit (Gn 3) – forcément chronologique, lui, donnant un avant et un après, que seul nous habitons.
— Enracinement sombre de toutes nos actions. Luther encore : « nul ne peut savoir si toutes ses bonnes œuvres ne sont pas des péchés mortels si elles ne sont gratuitement justifiées par l’Esprit saint ».

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