jeudi 17 janvier 2019

Oecuménicité en exil




Semaine de l'Unité en vue : « Tu chercheras la justice, rien que la justice » (Deutéronome 16, 18-20),
un vécu commun, l'exil comme diaspora en mission...


Cf. une réflexion proposée au dernier colloque hilarien parlant de théologie de l’exil,

Les conférences du 19 ème colloque hilarien : Le défi de l’exil : histoire et théologie. Actes à paraître.

Voir aussi, en anglais, le texte
de la Communion d’Églises protestantes en Europe (CEPE), Théologie de la diaspora.

lundi 24 décembre 2018

Joyeux Noël


« Car un enfant nous est né, un fils nous est donné » (Ésaïe 9, 5)

samedi 15 décembre 2018

Prochain



1 Corinthiens 13
1 Quand je parlerais en langues, celle des hommes et celle des anges, s’il me manque l’amour,
je suis un métal qui résonne, une cymbale retentissante.
2 Quand j’aurais le don de prophétie,
la science de tous les mystères et de toute la connaissance,
quand j’aurais la foi la plus totale,
celle qui transporte les montagnes, s’il me manque l’amour,
je ne suis rien.
3 Quand je distribuerais tous mes biens aux affamés,
quand je livrerais mon corps aux flammes,
s’il me manque l’amour,
je n’y gagne rien.
4 L’amour prend patience, l’amour rend service,
il ne jalouse pas, il ne plastronne pas, il ne s’enfle pas d’orgueil,
5 il ne fait rien de laid, il ne cherche pas son intérêt,
il ne s’irrite pas, il n’entretient pas de rancune,
6 il ne se réjouit pas de l’injustice,
mais il trouve sa joie dans la vérité.
7 Il excuse tout, il croit tout, il espère tout, il endure tout.
8 L’amour ne disparaît jamais.
Les prophéties ? Elles seront abolies.
Les langues ? Elles prendront fin.
La connaissance ? Elle sera abolie.
9 Car notre connaissance est limitée, et limitée notre prophétie.
10 Mais quand viendra la perfection, ce qui est limité sera aboli.
11 Lorsque j’étais enfant, je parlais comme un enfant,
je pensais comme un enfant, je raisonnais comme un enfant.
Devenu homme, j’ai mis fin à ce qui était propre à l’enfant.
12 A présent, nous voyons dans un miroir et de façon confuse,
mais alors, ce sera face à face.
A présent, ma connaissance est limitée,
alors, je connaîtrai comme je suis connu.
13 Maintenant donc ces trois-là demeurent,
la foi, l’espérance et l’amour,
mais l’amour est le plus grand.


*

« Vois-tu, quoiqu’on doive aimer son prochain comme soi-même, et que parfois on l’aime à ce point, cela demeure toujours une duperie, et une duperie de soi-même, parce qu’il est impossible d’éprouver sa douleur s’il a mal à la tête ou à un doigt. Il est absolument intolérable de ne pouvoir participer réellement à l’être qu’on aime, et c’est aussi absolument simple. Le monde est ainsi fait. Nous portons notre peau de bête avec les poils à l’intérieur et nous ne pouvons pas l’arracher. Et cette panique au sein de la tendresse, ce cauchemar de l’impossible approche, les hommes légalement bons, les “bels et bons” ne l’éprouvent jamais. Ce qu’ils appellent la sympathie est même un succédané destiné à leur épargner le sentiment d’un manque ! » (Robert Musil, L’Homme sans qualités, tome 2)

« Si tu sais que l’autre […] ne peut être que ce qu’il est, comment lui en vouloir, comment ne pas lui pardonner ? […] Tu considéreras alors cet innocent avec une tendresse de pitié, et tu n’y auras nul mérite. » (Albert Cohen, Carnets 1978)

*

« Voici mon secret. Il est très simple : on ne voit bien qu'avec le cœur. L'essentiel est invisible pour les yeux. » (Antoine de St-Exupéry, Le petit prince)

*

L’amour / agapè n’est pas tant le « don de soi » que le fondement qui le permet : ce n’est rien d’autre que ce qu’écrit Paul : si je me donne et que je n’ai pas la charité, l’amour / agapè, je ne suis rien… Cet amour est donc autre chose, ou plutôt quelque chose en dessous — « quelque chose qui est invisible pour les yeux » mais qui donne son prix, qui ouvre sur le don, qui sinon est non seulement triste, mais même douteux. Quel est en effet le moteur de ce « don de soi », prétendu gratuit, que serait l’amour ? Ce qui est en dessous est décisif.

Eh bien, en fait, l’amour / agapè est quelque chose en dessous. C’est là ce qui explique que le mot est aussi employé pour Dieu : tu aimeras le Seigneur ton Dieu. A-t-on quelque chose à donner à Dieu de qui viennent toutes choses ? La réponse est dans la question ! C’est même carrément la trace de Dieu en laquelle se source l’amour pour le prochain, l’amour qui ne périt jamais. Et qui permet d’approcher le paradoxe qui veut que « Dieu est amour ».

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vendredi 7 décembre 2018

Communiqué FPF

Le 7 décembre 2018

Appel de la Fédération protestante de France à la veille des manifestations prévues demain partout en France (PDF) — et ici : présidente du CN EPUdF



Communiqué (PDF)

Depuis des années, les Eglises et les œuvres de la Fédération protestante de France tirent la sonnette d’alarme dénonçant la violence de l’injustice sociale grandissante dans le pays avec des inégalités qui se creusent toujours davantage et de plus en plus de personnes sombrant dans la précarité et la misère.

Depuis des années, les Eglises et les associations de solidarité dénoncent les dégâts d’un système de plus en plus inégalitaire. Elles n’arrivent plus à réparer les failles d’une société où trop de personnes ne trouvent plus leur place. Les réductions budgétaires touchent d’abord les plus pauvres, et cela est insupportable. Tout cela, nous le disons depuis longtemps.

Pour autant, la violence n’est pas la solution. Elle fait des victimes, des blessés, des morts, des dégâts considérables. Il revient à chacun de garder son sang-froid. Dire la colère, oui, mais dans la non-violence et le respect. La violence est contagieuse. Comme un feu, une fois allumée, elle ne s’éteint pas d’elle-même.

A la veille de nouvelles manifestations prévues partout en France, nous appelons les personnes et organisations impliquées dans le conflit actuel à refuser la violence dans la revendication comme dans le maintien de l’ordre. Il appartient à chacun de nous de ne pas donner prise à la violence dont les fruits sont amers.

La Fédération protestante de France appelle chacun au calme et au respect des personnes, à l’image du pasteur Martin Luther King et de sa lutte non-violente contre les inégalités. La Fédération protestante de France appelle nos gouvernants à promouvoir une société plus juste où chacun puisse trouver les moyens de vivre dignement.

dimanche 25 novembre 2018

Cathares, indices convergents


Conférence, Poitiers, Université Inter-Âges, R. Poupin, jeudi 29 nov. 2018, Amphi 600, Bât. A1

Résumé : On les a appelés « cathares ». Ils émergent sous ce nom dans les écrits de leur ennemis. Ceux-ci iront pour les combattre jusqu’au déclenchement d’une croisade et à la mise en place de l’inquisition. Paranoïa généralisée étendue à l’échelle d’un continent ?… sachant qu’on étend la découverte de ces « nouveaux manichéens » jusqu’en Bulgarie. Ou indices convergents ?… qui rejoignent un autre faisceau d’indices : les textes découverts peu à peu, émanant des hérétiques, faisant apparaître une pensée, des rites, qui ressemblent fort à ceux que leurs ennemis dénoncent comme « cathares ». Qui sont donc ces « chrétiens » selon le seul titre qu’ils se donnent ? Un symptôme de l’angoisse d’une époque s’inventant des ennemis, ou un réel mouvement ecclésial structuré ?

Programme de l'année 2018-2019 et inscription au lien ci-dessous :



Cf. articles sur les cathares ici.

samedi 24 novembre 2018

Le Singe et le Chat


Bertrand avec Raton, l'un Singe et l'autre Chat,
Commensaux d'un logis, avaient un commun Maître.
D'animaux malfaisants c'était un très bon plat ;
Ils n'y craignaient tous deux aucun, quel qu'il pût être.
Trouvait-on quelque chose au logis de gâté,
L'on ne s'en prenait point aux gens du voisinage.
Bertrand dérobait tout ; Raton de son côté
Était moins attentif aux souris qu'au fromage.
Un jour au coin du feu nos deux maîtres fripons
Regardaient rôtir des marrons.
Les escroquer était une très bonne affaire :
Nos galands y voyaient double profit à faire,
Leur bien premièrement, et puis le mal d'autrui.
Bertrand dit à Raton : Frère, il faut aujourd'hui
Que tu fasses un coup de maître.
Tire-moi ces marrons. Si Dieu m'avait fait naître
Propre à tirer marrons du feu,
Certes marrons verraient beau jeu.
Aussitôt fait que dit : Raton avec sa patte,
D'une manière délicate,
Écarte un peu la cendre, et retire les doigts,
Puis les reporte à plusieurs fois ;
Tire un marron, puis deux, et puis trois en escroque.
Et cependant Bertrand les croque.
Une servante vient : adieu mes gens. Raton
N'était pas content, ce dit-on.
Aussi ne le sont pas la plupart de ces Princes
Qui, flattés d'un pareil emploi,
Vont s'échauder en des Provinces
Pour le profit de quelque Roi.


Jean de La Fontaine (1621-1695), "Le Singe et le Chat" (1678), Fables, IX, 17