mercredi 4 février 2026

Iran, l’abandon d’un peuple


Manifestation à Téhéran le 8 janvier 2026. La répression menée par le régime iranien a été sanglante, faisant des milliers de morts en quelques jours seulement. | GETTY IMAGES VIA AFP


Lu sur Ouest-France — article de Dominique Moïsi, 04/02/2026 :

Après le mensonge, la trahison est-elle devenue la marque de fabrique de Donald Trump ? Après le peuple ukrainien, le peuple iranien ? L’Histoire retiendra l’encouragement donné par le président américain aux Iraniens : « L’aide est en chemin. » Elle retiendra plus encore le fait que cette aide n’est jamais venue.

[…] Dans la longue histoire du régime des Mollahs (quarante-sept ans) jamais répression n’a été plus sanglante. Le pouvoir en place, très affaibli, a craint pour sa survie. Il lui fallait terroriser le peuple avant qu’un facteur externe (l’intervention américaine ?) ne fasse pencher la balance en sa défaveur.

Le peuple iranien ne s’est pas seulement senti trahi par l’Amérique, il s’est aussi senti abandonné par l’opinion publique internationale. Au point qu’une plaisanterie provocatrice a circulé sur les réseaux sociaux : « Plus de 90 millions d’Iraniens ont demandé la citoyenneté palestinienne, pour que l’on s’intéresse enfin à leur sort. » Où étaient les foules qui défilaient hier en soutien de la population de Gaza ? Et pourquoi ces émotions sélectives ? […]

Le coût de l’indifférence
[…] La crainte du chaos qui succéderait à la chute éventuelle du régime des Mollahs est certes réelle. Mais on peut aussi considérer qu’elle cache la peur, que l’éventuelle réussite « d’un Printemps Perse » ne donne des idées à tous ceux – et ils sont nombreux – qui rêvent d’un Printemps arabe ou d’un Printemps turc.

Des négociations devraient s’ouvrir en Turquie [ou Oman] à la fin de la semaine, entre l’envoyé spécial du président Trump, Steve Witkoff, et le ministre des Affaires étrangères iranien, Abbas Araghtchi. Mais le sujet des discussions ne sera pas l’ouverture du régime, c’est hors sujet, après les massacres dont le régime s’est rendu coupable. On parlera […] de la capacité de nuisance à l’international de l’Iran. Et pas de son droit à « massacrer impunément son peuple ».

D’Ankara à Ryad, en passant par Le Caire, on se soucie avant tout d’ordre. Quant à Donald Trump, il est à la recherche de succès médiatiques faciles. Et pas d’interventions risquées. […]

… Texte entier et source ICI

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