dimanche 31 juillet 2022

Platonisme dévoyé

« Le discours de l’anthropologie occidentale est souvent qualifié de dualiste parce qu’il attribue à l’homme une double nature : psychique et somatique, spirituelle et charnelle. Mais ces deux dimensions de l’homme n’ont jamais été conçues comme réellement séparables, sauf par la mort. L’essentiel de la question anthropologique occidentale réside moins dans la distinction de l’âme et du corps, ou de la chair et de l’esprit, que dans leur indissoluble union. » (Sylviane Agacinski, Le corps humain et sa propriété face aux marchés, p. 10-11)




Transactivisme

Abigail Shrier : « Pendant des décennies, les psychologues ont traité [la "dysphorie de genre"] par “l’attente vigilante”, c’est-à-dire une méthode de psychothérapie qui vise à comprendre la source de la dysphorie de genre de l’enfant, à en atténuer l’intensité et, finalement, à aider l’enfant à se sentir plus à l’aise dans son propre corps.
« Mais au cours de la dernière décennie, l’attente vigilante a été supplantée par les soins affirmatifs ou “prise en charge positive”, qui part du principe que les enfants savent ce qui est le mieux. Les partisans des soins affirmatifs incitent les médecins à corroborer la conviction de leurs patients qu’ils sont piégés dans le mauvais corps. On fait pression sur la famille pour qu’elle aide l’enfant à changer d’identité sexuelle – parfois après que des médecins ou des militants leur aient dit que, s’ils ne le faisaient pas, leur enfant pourrait se suicider. À partir de là, des pressions s’exercent sur les parents pour qu’ils prennent des mesures médicales concrètes afin d’aider l’enfant sur la voie de la transition vers le « bon » corps. Cela inclut la prescription d’agents inhibiteurs de puberté comme étape préliminaire. En général, des hormones transsexuelles suivent, puis, si on le souhaite, une chirurgie de genre. » (Abigail Shrier fait le point sur les inhibiteurs de puberté)


GPA

Sylviane Agacinski : « années 2000. Un journaliste interroge une jeune surrogate mother [américaine] d’environ 26 ans, qui vient de remettre le nouveau-né à ses parents “intentionnels”. Elle sourit beaucoup, explique qu’elle a déjà deux enfants et que, n’ayant pas d’emploi, elle avait besoin d’argent pour ajouter une chambre à sa modeste maison. Elle dit qu’elle va bien et qu’elle a fait un choix rationnel. Le journaliste lui demande tout de même si elle a été émue de se séparer de l’enfant dès sa naissance… Elle se trouble, se tait, puis éclate en sanglots et déclare à travers ses larmes : “Moi, je sais pourquoi j’ai fait ce que j’ai fait… mais c’est mon corps qui n’a pas compris.” […]
Ces pleurs m’ont bouleversée. Mais les mots de cette jeune femme m’ont également inquiétée, car elle était manifestement persuadée, ou on l’avait persuadée, que sa propre personne était séparée de son corps. […] Il me fallait réfléchir sur cette expérience et montrer les ravages d’une idéologie dualiste, aujourd'hui promue par le marché, qui brise l’unité de la personne et fait de son corps vivant un simple moyen. » (Sylviane Agacinski, “La maternité comme objet philosophique”, Les marchés de la maternité, éd. O. Jacob, p. 140-141)


(Lettre à François Hollande, Président de la République, après le vote du "mariage pour tous".
Il eût peut-être fallu, de même que pour la "PMA pour toutes", obtenir auparavant l'abolition universelle de la GPA…)

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PS : « À la naissance, nous naissons simplement sexués. Et personne ne nous "assigne" ce sexe, fruit d’une rencontre entre un spermatozoïde et un ovule, résultat des lois de la biologie [… etc.]. La sexuation, par ailleurs, est immuable, inscrite dans presque toutes les cellules de notre corps. Aucune opération chirurgicale ne permet donc de "changer de sexe", contrairement à ce que prétendent tout un tas de charlatans sans vergogne ou d’ignares, contrairement à ce qu’affichent de nombreux sites internet promouvant le transgenrisme, parmi lesquels divers sites de cliniques ou d’hôpitaux peu scrupuleux (certainement parce que financièrement intéressés). Quelques rares sites de cliniques, d’hôpitaux ou de praticiens légèrement plus honnêtes que les autres rappellent cependant que "les interventions de réassignation sexuelle visent uniquement à changer l’apparence extérieure des organes génitaux" (autre exemple : sur le site de «"l’équipe chirurgicale TransParis" de l’Hôpital parisien de Tenon, il est écrit que "l’intervention chirurgicale permet d’obtenir des organes génitaux d’apparence extérieure naturelle et très voisine de l’anatomie féminine"). Bref, la chirurgie ne change pas le sexe d’un individu, seulement l’apparence de ses organes génitaux. Il est donc abusif — mensonger — de parler de "changement de sexe" ou de "réassignation sexuelle" ». (Audrey A. et Nicolas Casaux, “Le transgenrisme ou comment le sexisme pousse des jeunes à mutiler leurs corps sains” - extrait)

Alternative non-chirurgicale (et sans traitements hormonaux) : « Chez les Inuit […], l’identité et le genre ne sont pas fonction du sexe anatomique mais du genre de l’âme-nom réincarnée [d’un ancêtre]. Néanmoins, l’individu doit s’inscrire dans les activités et aptitudes qui sont celles de son sexe apparent (tâches et reproduction) le moment venu, même si son identité et son genre seront toujours fonction de son âme-nom. Ainsi, un garçon peut être, de par son âme-nom féminine, élevé et considéré comme une fille jusqu’à la puberté, remplir son rôle d’homme reproducteur à l’âge adulte et se livrer dès lors à des tâches masculines au sein du groupe familial et social, tout en conservant sa vie durant son âme-nom, c’est-à-dire son identité féminine. » (Françoise Héritier, Masculin/Féminin I, Odile Jacob Poches p. 21 – cf. p. 202-203 –, citant Bernard Saladin d’Anglure, « Iqallijuq ou les réminiscences d’une âme-nom inuit », Études Inuit 1 / 1 : 33-63)

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