lundi 9 décembre 2019

Promesse


Nos méditations de l’Avent commencent par ces mots : « Tels furent les jours de Noé, tel sera l'avènement du Fils de l'homme ; […] avant le déluge, on mangeait et on buvait, l'on se mariait ou l'on donnait en mariage, […] et on ne se doutait de rien jusqu'à ce que vînt le déluge […]. Tel sera aussi l'avènement du Fils de l'homme » (Matthieu 24, 37-39). Jésus affirme alors (v. 42-44) : « Veillez donc. »

Paroles de l’Avent (chargées de l’actualité de la menace écologique considérée lors de notre synode régional) à recevoir pour accueillir pleinement la promesse de Noël – le Seigneur vient.

Car au-delà de la menace, retentit toujours à nouveau la promesse (Ésaïe 9) : « Le peuple qui marchait dans les ténèbres voit une grande lumière […]. Car un enfant nous est né, un fils nous est donné. »

RP, Billet PO décembre 2019, n° 440


Arvo Pärt - Da Pacem

mercredi 4 décembre 2019

Message FPF - Profanation du cimetière juif à Westhoffen


Message - 04 décembre 2019

La Fédération protestante de France (FPF) tient à exprimer sa consternation et sa tristesse suite à la profanation du cimetière juif à Westhoffen. Le protestantisme français rappelle à chacun l’indéfectible lien qui unit juifs et chrétiens et souhaite réaffirmer que l’antisémitisme est un péché contre l’homme et contre Dieu.
La FPF souhaite manifester son soutien à la communauté juive et lui rappeler qu’elle se tient à ses côtés.
Elle s’associe pleinement au communiqué de l’UEPAL publié ce jour.
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Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine
Communiqué de presse – 04 décembre 2019
Message de sympathie au Grand Rabbin
et au Président du Consistoire israélite
suite à la profanation du cimetière juif à Westhoffen
Monsieur le Grand Rabbin, cher Harold,
Monsieur le président du Consistoire israélite de Strasbourg et du Bas-Rhin, cher Maurice,
C’est avec consternation que j’ai appris qu’une nouvelle fois la bêtise et la haine s’étaient déchainées à Westhoffen en profanant des tombes du cimetière juif. Je m’associe pleinement et sans réserve au communiqué diffusé par le Comité Interreligieux de la Région, et je tiens de surcroît à vous exprimer, au nom de l’UEPAL et des communautés protestantes d’Alsace-Moselle, ma profonde tristesse et ma vive sympathie. Nous souffrons avec vous de la lâcheté qui s’en prend à vos morts, qui sont aussi les nôtres.
Le fait que ces profanations se produisent à répétition dans notre région, où nous sommes habitués à une coexistence sereine entre communautés religieuses, est très troublant. Mais il est peut-être l’aveu que la bêtise et la haine ne supportent pas la sagesse et l’intelligence qui prévalent dans nos relations.
En ce temps de l’Avent qui précède Noël, les chrétiens sont invités à rentrer en eux-mêmes et à faire pénitence. Nous invitons les membres de nos communautés à faire cette démarche dans la perspective d’une solidarité avec nos frères aînés dans la foi. Nous nous souvenons aussi, comme nous y invite le prophète Esaïe, que « c’est dans le calme et la confiance que sera notre force » Esaïe 30,15
Christian ALBECKER
Président de l’UEPAL

mardi 3 décembre 2019

Superstitions modernes


« Notre anxiété fait écho à celle du Voyant [de l'Apocalypse] dont nous sommes plus près que ne le furent nos devanciers, y compris ceux qui écrivirent sur lui, singulièrement l'auteur des Origines du christianisme [Renan], lequel eut l'imprudence d'affirmer : "Nous savons que la fin du monde n'est pas aussi proche que le croyaient les illuminés du premier siècle, et que cette fin ne sera pas une catastrophe subite. Elle aura lieu par le froid dans des milliers de siècles…" L'Évangéliste demi-lettré a vu plus loin que son savant commen­tateur, inféodé aux superstitions modernes. Point faut s'en étonner : à mesure que nous remontons vers la haute antiquité, nous rencontrons des inquiétudes semblables aux nôtres. La philosophie, à ses débuts, eut, mieux que le pressentiment, l'intuition exacte de l'achèvement, de l'expiration du devenir. »
(Emil Cioran, Écartèlement, Gallimard, 1979, p. 60-61)



Arvo Pärt - Tabula rasa

jeudi 28 novembre 2019

Malentendu universel


"Le monde ne marche que par le malentendu. C’est par le malentendu universel que tout le monde s’accorde. Car si, par malheur, on se comprenait, on ne pourrait jamais s’accorder."

Charles Baudelaire, Journaux intimes, Mon cœur mis à nu

dimanche 24 novembre 2019

jeudi 7 novembre 2019

Éthique & responsabilité


(En vue du synode régional - sujet : « Écologie, quelle(s) conversion(s) ? »)

Quelle responsabilité nous incombe en notre temps, quand les conséquences du pouvoir que nous donne notre technique nous échappent ? Quelle prise de conscience pour repenser ce pouvoir de façon responsable – quelle conscience de la menace, quelle peur (ou crainte) de la menace, non pour en être paralysés, mais pour fonder l’éthique d’une action responsable ?

« Dans ce vide (qui est en même temps le vide de l’actuel relativisme des valeurs) […] qu'est-ce qui peut servir de boussole ? L'anticipation de la menace elle-même ! C'est seulement dans les premières lueurs de son orage qui nous vient du futur, dans l'aurore de son ampleur planétaire et dans la profondeur de ses enjeux humains, que peuvent être découverts les prin­cipes éthiques, desquels peuvent se laisser déduire les nouvelles obligations correspondant au pouvoir nouveau. Cela, je l'appelle “heuristique de la peur”. […]
« Sans doute [le concept de
responsabilité n'est] pas un phénomène nouveau dans la moralité. La responsabilité n'a pourtant jamais eu un tel objet, de même qu'elle a peu occupé la théorie éthique jusqu'ici. Le savoir, aussi bien que le pouvoir étaient trop limités pour incorporer l'avenir plus lointain dans la prévision, bien plus, pour inclure la planète entière dans la conscience de la causalité personnelle. Plutôt que de deviner vainement les conséquences tardives, relevant d'un destin inconnu, l'éthique se concentrait sur la qualité morale de l'acte momentané lui-même, dans lequel on doit respecter le droit du prochain qui partage notre vie. Sous le signe de la technologie par contre, l'éthique a affaire à des actes (quoique ce ne soient plus ceux d'un sujet individuel), qui ont une portée causale incomparable en direction de l'avenir et qui s'accompagnent d'un savoir prévisionnel qui, peu importe son caractère incomplet, déborde lui aussi tout ce qu'on a connu autrefois. Il faut y ajouter le simple ordre de grandeur des actions à long terme et très souvent également leur irréversibilité. Tout cela place la responsabilité au centre de l'éthique, y compris les horizons d'espace et de temps qui correspondent à ceux des actions. » (Hans Jonas, Le principe responsabilité, 1979, trad. fr. 1990, 1995, Préface [7-9], Champs/Essais, p. 16-17)

Écologie et responsabilité – l’Apocalypse renouvelle la promesse d’Ésaïe (65, 17 ; Ap 21, 1) annonçant de nouveaux cieux et une nouvelle terre où habite enfin la justice (2 P 3, 13 *). Une promesse qui nous enjoint aujourd’hui au combat spirituel, ancré dans cette espérance : « que ton règne vienne », posant notre responsabilité et récusant ipso facto les théories climato-sceptiques – quand bien même on avancerait l’idée de cycles cosmiques du chaud et du froid pour refuser toute responsabilité humaine… Un tel refus est non seulement extrêmement risqué, mais en outre relève de la soumission à Mamon (l’argent comme idole) – en tant que préférant au témoignage de la foi les bénéfices consuméristes, qui consument en premier lieu la terre pour un profit toujours plus destructeur.

RP, Billets PO septembre à novembre 2019, n° 437-439


*

* Menace et espérance selon 2 Pierre 3, 3-13 :
3 […] dans les derniers jours viendront des sceptiques moqueurs menés par leurs passions personnelles
4 qui diront : « Où en est la promesse de son avènement ? Car depuis que les pères sont morts, tout demeure dans le même état qu’au début de la création. »
5 En prétendant cela, ils oublient qu’il existait, il y a très longtemps, des cieux et une terre tirant origine de l’eau et gardant cohésion par l’eau, grâce à la Parole de Dieu.
6 Par les mêmes causes, le monde d’alors périt submergé par l’eau.
7 Quant aux cieux et à la terre actuels, la même Parole les tient en réserve pour le feu, les garde pour le jour […]
12 […] où les cieux enflammés se dissoudront et où les éléments embrasés se fondront !
13 Nous attendons selon sa promesse des cieux nouveaux et une terre nouvelle où la justice habite.
[cf. Ésaie 65, 17-25]

8 […] il est une chose, bien-aimés, que vous ne devez pas ignorer, c’est que, devant le Seigneur, un jour est comme mille ans, et mille ans sont comme un jour.
9 Le Seigneur ne tarde pas dans l’accomplissement de la promesse, comme quelques-uns le croient ; mais il use de patience envers vous, ne voulant pas qu’aucun périsse, mais voulant que tous arrivent à la repentance.
10 Le jour du Seigneur viendra comme un voleur ; en ce jour, les cieux passeront avec fracas, les éléments embrasés se dissoudront, et la terre avec les œuvres qu’elle renferme sera consumée.
11 Puisque donc toutes ces choses doivent se dissoudre, quelles ne doivent pas être la sainteté de votre conduite et votre piété.